L’entretien et la restauration des toitures en cornus ou faisiaux.
Au-delà des multiples animations et activités touristiques, qui émaillent la vie du Fourneau Saint-Michel, l’équipe technique s’investit au jour le jour dans la sauvegarde du patrimoine rural.
Confrontés régulièrement aux problèmes spécifiques inhérents à l’entretien des toitures en cornus, nous avons pris l’initiative de réunir un comité de réflexion regroupant divers acteurs de terrains tels que, notamment, l’Institut du Patrimoine wallon, la Confédération de la construction, des entreprises spécialisées dans ce type de toiture, la DG04 – SPW Section patrimoine, le Centre scientifique et technique de la construction, l’Institut scientifique de service public (ISSEP) et l’INISMA.
A l’occasion d’une première réunion de travail, force a été de constater la disparition progressive du savoir-faire indispensable pour ce type d’intervention. Nous risquons dès lors d’assister, à plus ou moins court terme, à la perte du patrimoine remarquable que sont ces toitures typiques qui, hier encore, faisaient partie du paysage de la vallée de la Semois (Ardenne centrale). Le cri d’alarme lancé en 2005 par Monsieur Jean-Louis Javaux, licencié en histoire de l’art et archéologie, dans la revue « Meuse et Ardenne » ne semble pas avoir été entendu ou alors est resté sans réponse à ce jour.
Plusieurs actions ont été suggérées lors de cette réunion :
1. Recenser les derniers bâtiments dotés de ce type de toiture et, partant de là, identifier les lieux d’extraction des cornus, les bâtiments voués à une démolition certaine afin d’en récupérer les matériaux, les bâtiments pouvant faire l’objet d’une restauration, etc.
2. Recenser un maximum de personnes sensibilisées à cette problématique : propriétaires, ardoisiers maîtrisant encore cette technique traditionnelle, apprentis souhaitant se spécialiser.
3. Analyser les matériaux (argiles et schistes ardoisiers) de même que leur mise en œuvre.
Il y a par ailleurs été décidé de saisir l’opportunité offerte, en 2012, par les travaux de renouvellement de la toiture de la forge, bâtiment en pans de bois provenant de Redu et daté de la seconde moitié du XIVe siècle, qui a été transplanté au Musée de la vie rurale dans les années 1977-1978. Ce chantier devrait servir de laboratoire pour l’équipe technique mise en place. Il fera l’objet d’un stage d’opportunité organisé par la Paix-Dieu en parfaite collaboration avec Monsieur Michel Lesenfants, entrepreneur d’adjudicataire, et la Province de Luxembourg, maître de l’ouvrage.
Devrait s’en suivre également un mémento dressé à l’attention des particuliers désireux d’entretenir leurs toitures.
Les toitures en cornus ou faisiaux :

Dans le courant du XIVe siècle, les demeures modestes de la vallée de la basse Semois, particulièrement pauvre, voient le chaume de leurs toitures progressivement remplacé par des « cornus » ou « faisiaux ». Il s’agit là de déchets d’ardoises, non calibrés, fichés dans un lit d’argile posé sur des planchettes de chêne fendu.
La fabrication de l’ardoise produisant plus de 80 % de déchets, c’est tout naturellement dans les localités sises au voisinage immédiat des sites d’exploitation que l’on retrouve ce type de toiture : Herbeumont, Warmifontaine, Rochehaut, Alle-sur-Semois, la Grandville, Linchamps, Fumay.
Ce type de toiture est particulièrement délicat et nécessite un entretien continu.
Le Musée de la vie rurale maintient ce type de couverture en mémoire au travers de cinq bâtiments représentatifs : un presbytère daté du XVIIe ou du XVIIIe siècle provenant de Botassart, une exploitation agricole et une porcherie du XVIIIe provenant toutes deux de Corbion, une chaumière du XVIIIe provenant de Sugny et une forge du XIXe provenant de Redu.
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