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Petit patrimoine / Sépulture d'intérêt social et historique - Pussemange

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Nom :

Alfred Edouard PIERRARD

 

Epitaphe :

ICI REPOSENT

DAME ANNA STEPHANIE EMILIE
VALENTINE POTTIER 
ÉPOUSE BIEN-AIMÉE
DE MR ALFRED PIERRARD
NÉE A SCHAERBEEK
LE 1 FÉVRIER 1870
DÉCÉDÉE A BRUXELLES
LE 24 AVRIL 1923
PRIEZ POUR ELLE

ALFRED EDOUARD
PIERRARD
DIR. GL DE LA MARINE
NÉ A PUSSEMANGE
LE 25 JUIN 1863
DÉCÉDÉ A BRUXELLES
LE 27 DÉCEMBRE 1944
PRIEZ POUR LUI

 

Intérêt :

Social et historique

Carrière et distinctions d’Alfred PIERRARD (sources 1 et 2) :

Alfred PIERRARD entame sa carrière d’ingénieur des constructions maritimes à l’Administration de la Marine en 1887, une composante du ministère des Chemins de Fer, Postes et Télégraphes. Il est donc fonctionnaire à la Marine d’Etat (par opposition à la Marine marchande tenue par des armateurs privés). Le Roi Léopold II ayant conçu de donner plus d’extension à la Marine nationale belge, Alfred PIERRARD est désigné pour suivre les cours de l’Ecole du Génie maritime de France, à Paris.

Son travail se déroule d’abord à Anvers, où naissent ses quatre enfants (Jules, 1895 ; Marcelle, 1897-1898, inhumée à Pussemange ; Albert, 1898 et Jeanne, 1901). L’ingénieur de la marine, comme on le nomme à l’époque, y donne aussi un cours d’armements maritimes à l’Institut Supérieur de Commerce d’Anvers. Fin 1902 il est promu Directeur du service des constructions maritimes à Ostende et y est chargé spécialement du service Ostende-Douvres, exploité jusqu’alors par des malles postes à aubes. Il supervise la construction de nouveaux paquebots, dont le « Princesse Elisabeth » (1905), le premier à être propulsé par des hélices entraînées par des turbines. Ce fut le paquebot le plus rapide du monde (en-dehors des navires de guerre). « Ce succès remporté par la Marine belge attira l’attention de l’étranger et valut à mon père de très hautes distinctions dans les ordres nationaux étrangers » (source 3). A cette époque, l’Administration de la Marine est aussi la 1e au monde à faire installer la T.S.F. à bord de ses navires.

En novembre 1911, Alfred PIERRARD est nommé Directeur d’Administration, et le 3.11.1913, Directeur Général de la Marine, poste qu’il occupe jusqu’à sa pension en juin 1928.

Alfred PIERRARD fut aussi membre de la Commission permanente hollando-belge pour la surveillance de l’Escaut, Premier Plénipotentiaire à la Conférence de Londres (1913-14) pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, Membre Expert pour le gouvernement belge à la conférence hollando-belge chargée de préparer la révision des traités de 1839 (Paris, 1919), Président du Conseil supérieur de la Marine.

Distinctions :

Grand Officier de l’Ordre de la Couronne
Commandeur de l’Ordre de Léopold avec Etoile d’Argent
Commandeur de la Légion d’Honneur
Commandeur de l’Ordre du British Empire
Grand Officier de l’Ordre d’Orange-Nassau
Commandeur de l’Ordre du Dannebrog
Commandeur de l’Ordre du Soleil Levant
Commandeur de l’Ordre du Cambodge ...

Une contribution cruciale au cours de la 1e Guerre mondiale (source 4) :

Pendant la 1e Guerre Mondiale, la marine d’Etat compte 10 malles (5 à aubes, et 5 à turbines), mais aucun navire de guerre (neutralité de la Belgique).

« Au début des hostilités, nos malles transportèrent successivement en Angleterre ou en France les réfugiés belges, la réserve d’or de la Banque Nationale, la Famille royale, le Corps diplomatique, puis le Gouvernement belge tout entier » (source 3). Le Roi Albert charge Alfred PIERRARD personnellement de conduire en Angleterre la Reine et les Enfants royaux (31.8.1914).

C’est au cours de la journée du 13 octobre, que le vaisseau d’Etat Peter de Coninck transporte le gouvernement d’union (constitué le 4 août précédent), le président de la Chambre, le vice-président du Sénat et les membres du corps diplomatique au Havre (Normandie, F). Le Ville d’Anvers suit quelques heures plus tard avec les fonctionnaires. L’opération est dirigée par Alfred PIERRARD. L’Etat belge put continuer son travail tout au long de la guerre à Sainte-Adresse, situé quelques kilomètres au nord du Havre.

Ce ne sont pas moins de 50.000 réfugiés embarqués entre le 19.8 et le 13.10.14. Il s’agit de familles belges fuyant la guerre et désireuses de se mettre à l’abri en Angleterre. Ce flux gagne encore en intensité durant les derniers jours avant la prise d’Ostende par les Allemands (17.10.14).

Au cours de la bataille de l’Yser (seconde quinzaine d’octobre 1914), seules les malles de l’Etat sont disponibles pour le transport des blessés, les trains étant pris d’assaut par les troupes. Elles évacuent 13.455 blessés de Calais à Cherbourg, et reviennent chargées de munitions en chemin inverse.

Au total au cours de la guerre, les malles belges traversent 4000 fois La Manche, transportant plus de deux millions de soldats anglais ou américains vers le continent, et plus de cinq-cents mille blessés dans le sens inverse. Tout ceci à travers les mines flottantes, ne perdant qu’un seul paquebot, le Marie-Henriette, qui se perd la nuit du 24.10.1914 sur les rochers de Barfleur, mais dont tous les passagers ont pu être sauvés.

On doit encore à Alfred PIERRARD la mobilisation en un temps record des 125 vapeurs de la marine marchande flottant sous pavillon belge. Ils ont permis l’acheminement aux populations de Belgique et du Nord de la France de 1,5 millions de tonnes de vivres en provenance des USA (dans le cadre de la Commission for Relief in Belgium). 44 navires (le tiers de la flotte) est perdue au cours de ces opérations.

                                                                                                                                                                                                                                   Chr. CLAUSS, [email protected], oct. 2024

1) Alfred PIERRARD, Renseignements sur Pussemange, mon village natal, et ma famille. 1940. Coll. familiale.

2) Alfred PIERRARD (Directeur Général honoraire de la Marine), Le rôle de la Marine belge pendant la guerre 1914-1918, Conférence du 23.4.1931. Internet.

3) Jules PIERRARD, lettre au Capitaine G. PORIAU, Directeur de l’Ecole de Navigation à Anvers, 10.9.1965. Collection familiale.

4) Ing R. DAUWE (Professeur de construction navale à l’université de Louvain), Un siècle d’évolution des paquebots Ostende-Douvres, 1846-1946, 1946. Internet.

 

Description :

Cénotaphe en calcaire surmonté d'une croix en calcaire.

Le cénotaphe en dos d'âne, sur lequel sont gravées les inscriptions des défunts, repose sur deux dalles superposées de dimensions différentes.

La stèle, en forme de croix massive à base évasée et chantournée, repose sur un socle ouvragé posé sur la tête du cénotaphe. La croix présente des bras trilobés aux extrémités. Elle es tornée de motifs végéraux sculptés en relief (feuilles de lierre). Le socle porte les inscriptions "In aeternum". L'avant du cénotaphe porte la mention "Famille PIERRARD POTTIER". Sur les côtés latéraux est gravée sur toute la longueur une feuille de palmier.

 

Type :

Cénotaphe surmonté d'une stèle

 

Matériaux :

Calcaire

 

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